La constellation des Poissons

Dans cet épisode, nous allons apprendre à mieux connaître une autre constellation zodiacale, en la cherchant tout d'abord dans le ciel : il faut dire que, si vous pouvez l'observer d'une position éloignée des lumières, vous pouvez facilement la reconnaître sans trop solliciter votre imagination. Nous sommes en présence de deux poissons étrangement reliés par une corde sinueuse à un point, l'étoile α Psc. Puisque je me souviens immédiatement que l'abréviation se lit "Piscium", génitif pluriel de Poisson. De la figure obtenue comme toujours grâce à Stellarium, on voit une sorte de corde en forme de "V" avec deux étranges figures attachées dans le bas (un triangle et un pentagone) qui devraient représenter deux poissons. Nous ne nous plaignons pas trop car, comme nous l'avons déjà vu à maintes reprises, certaines constellations ne sont pas du tout reconnaissables...


Celle des Poissons est une constellation du Zodiaque, la dernière, et donc on s'attend à ce que le Soleil la parcoure pendant son mouvement annuel sur la sphère céleste, le long de cette ligne imaginaire appelée écliptique : dans la figure on la voit dessinée en rouge coupant presque la constellation en deux parties, entre le 12 mars et le 18 avril. Je tiens à souligner une fois de plus le désaccord total de ces dates avec celles publiées dans les journaux et les magazines d'horoscope : je me souviens que ces derniers "voyagent de leur propre chef" et n'ont absolument rien à voir avec le Soleil et sa position parmi les constellations. Au contraire, comme toujours d'année en année, les deux dates d'entrée et de sortie peuvent peu varier en raison du mouvement irrégulier de la Terre autour du Soleil : étant nous sur Terre, il est évident d'attribuer cette irrégularité au Soleil, comme si c'était le Soleil qui se déplaçait anormalement entre les constellations !
Comme beaucoup d'autres connues jusqu'à présent, celle des Poissons est une étrange constellation, non pas tant parce qu'elle ne présente pas d'étoiles particulièrement brillantes, mais parce que par exemple la plus brillante (avec une magnitude égale à 3,6) est l'étoile η Psc (Alpherg), légèrement plus lumineuse que l'étoile déjà mentionnée α Psc (Al Rescha), tandis que l'étoile β Psc (Fum al Samakah) ne fait même pas partie de la figure qui l'identifie traditionnellement.



Avec la feuille coupée et les distances éclairées, nous voyons que dans cette constellation, il y a trois étoiles assez proches du Soleil: elles sont à 107 Psc, 54 Psc et ι Psc, respectivement à 25, 36 et 45 années-lumière du Soleil.
Mais encore plus près du Soleil se trouve une naine de 14 ans, une naine blanche placée à seulement 14 années-lumière de nous : c'est l'étoile dite de Van Maanen, du nom du découvreur danois-américain qui l'a étudiée en profondeur.

Le nom, l'histoire, le mythe

Dans la culture chrétienne, les Poissons sont identifiés au Christ, le "premier poisson", né après que la pointe de l'équinoxe de printemps soit passée du Bélier en Poissons marquant le passage au nouveau "Grand Age".

Il semble que l'ancienne forme des Poissons consistait en un seul poisson. Selon l'astronome grec Eratosthène (né en 276 av. J.-C.), l'origine de la symbolique du poisson devrait être recherchée chez Derke, une divinité syrienne moitié poisson et moitié femme. Le mythe est également raconté par Ovide, dans le Fasti. En fait, les Romains ont rassemblé l'idée de la déesse des poissons dans leur mythe de Cupidon et de sa mère Vénus (Eros et Aphrodite, en grec). Les rives de l'Euphrate : pour échapper au monstre Typhon, né de Gaïa, personnification du vent impétueux du sud qui les avait attaqués, Vénus s'empara de Cupidon et plongea dans la mer, où ils se transformèrent tous deux en poissons. Pour ne pas se perdre, ils se sont attachés les uns aux autres avec une corde, comme on s'en souvient au paradis. Finalement, c'est Jupiter qui a vaincu le monstre, mais les poissons étaient toujours destinés au ciel.


Quelques photos


Juste pour aller voir l'apparition du ciel près du Soleil, je suis monté dans mon célèbre vaisseau spatial virtuel (le programme Celestia) pour aller voir mes cent dix-sept collègues, dont l'un écrit des articles sur leur plus beau site web. Le Soleil apparaît comme une quatrième étoile au milieu d'autres étoiles peu brillantes, entre le Corbeau et l'Hydre, avec un peu plus loin la bien connue Sirius, d'ici un peu plus brillante que la première.

En un instant, je suis allé dire au revoir à mes cinquante-quatre amis : ce n'est pas un hasard si on les appelle ainsi, car sur leur planète jaillit une eau miraculeuse qui les fait rester jeunes longtemps. Le seul effet secondaire est qu'ils parlent toujours de dessins animés, de jeux vidéo et de poupées et qu'on ne peut pas aborder des sujets plus sérieux comme le fameux "effet PLP". Pour en revenir à leur ciel, il n'y a pas grand-chose à ajouter par rapport à l'image précédente, si ce n'est que le Soleil est maintenant cinquième .

La troisième étoile que j'ai visitée est celle autour de laquelle tournent les Iotapisci, des personnages vraiment désagréables, toujours des museaux : et pourtant la leur est une petite étoile de classe F7, un peu plus grande et blanchâtre que notre Soleil. Peut-être qu'ils sont mécontents de ce que nous les appelons, mais nous ne pouvons rien y faire ! Même à partir de là, le Soleil est assez décevant, étant de 5,5 et donc visible uniquement les nuits où leurs cinq lunes sont sous l'horizon.


Enfin, me voici arrivé par mes amis de Van Maanenian, où notre étoile est 3 et donc visible à l'œil nu, entourée d'étoiles de la constellation de la Vierge, avec un excellent intrus (α Cen) qui, en raison de sa proximité avec le Soleil, se trouve dans les endroits les plus improbables du ciel, si elle est observée par d'autres étoiles proches.

Comparons les étoiles


En analysant la taille des étoiles appartenant à la constellation des Poissons, dans des bases de données que l'on trouve un peu par-ci par-là dans des sites spécialisés, on constate la présence de pas moins de 5 étoiles d'une taille physique supérieure à 50 fois celle de notre Soleil. De la figure ci-contre, réalisée comme toujours par le soussigné, on voit que ces étoiles sont peu nombreuses mais bonnes : la plus grande est la géante de 19 Psc, classe C et presque 300 fois plus grande que notre Soleil ! Le deuxième du classement, 57 Psc, est un autre petit monstre, une classe M rouge, 140 fois plus grand que notre naine jaune. Les trois autres plus grandes étoiles sont 30, 47 et h Psc, les deux premières de la classe M et donc rouges, tandis que la dernière est la classe G6, une grande sœur de notre Soleil : elles sont respectivement 97x, 89x et 59x, toujours victorieuses par rapport au célèbre Aldebaran et capables de rivaliser avec le brillant Rigel.

Précisément en raison de sa taille énorme, 19 Psc mérite un voyage jusqu'à une distance de sécurité : si nous nous positionnons à 10 unités astronomiques (pratiquement la distance entre Saturne et le Soleil), nous voyons ce monstre stellaire briller d'une lumière rouge gênante et occuper 13° du ciel. Si nous pensons que notre Soleil brillant a un diamètre d'un demi-degré seulement, nous pouvons immédiatement nous faire une idée de sa monstruosité : il semble plus de 25 fois plus grand que le Soleil, si on l'observe à l'énorme distance de 10 UA.

Représentations des Poissons

Voyons maintenant comment cette constellation était représentée dans l'Antiquité et comment elle est perçue de nos jours. Dans l'Uranométrie de Bayer, elle était décrite comme suit 


L'astronome Hevelius l'a représentée ainsi

et enfin Stellarium le montre ainsi

Récemment, mais nous parlons toujours des années 70, la Poste de la République de Saint-Marin avait émis une série de 12 timbres représentant les constellations du zodiaque : comme les valeurs nominales augmentaient par rapport à l'ordre naturel des constellations, on avait attribué aux Poissons la valeur la plus élevée, égale à 180 lires, qui pouvait être utilisée dans le cas de colis postaux volumineux et encombrants... D'autres fois en effet !

Une galaxie tout simplement parfaite


Dans cette constellation, nous trouvons une galaxie qui n'a pas été rebaptisée à tort "galaxie spirale parfaite". En regardant cette photo exceptionnelle du télescope spatial Hubble (en haute résolution si l'on clique sur la photo), on ne peut que donner raison à l'inventeur de cette appellation !

  • Al Rescha (α Psc) : mot arabe signifiant ficelle
  • Fum al Samakah (β Psc) : mot arabe signifiant bouche de poisson
  • Linteum (δ Psc) : mot latin signifiant toile, que l'on trouve sur internet.
  • Kaht (ε Psc) : mot de signification inconnue (il semblerait qu'il soit klingonien), trouvé sur internet
  • Kuton I, II et III (δ, ζ1 et ζ2 Psc) : mot signifiant ficelle
  • Alpherg (η Psc) : de l'arabe, la maison du poisson
  • Torcular (ο Psc) : du latin, (devinez quoi) le fil
  • Vernalis (ω Psc) : mot latin signifiant "printemps", que l'on trouve sur internet, presque certainement parce qu'il est situé près du point Vernalis, où le Soleil est le 21 mars, à l'équinoxe de printemps.

En cherchant toujours sur internet, j'ai trouvé, en fait, l'étoile appelée Linteum (δ Psc) qui deviendra très célèbre (vous pouvez parier !) car elle sera cachée par la Lune le 21 décembre de cette année. Cette date vous rappelle-t-elle quelque chose ?



Audio Video La constellation des Poissons
ForConstellationsLovers est un site web créé par des amoureux des constellations, nous avons pour but de partager toutes les informations sur le monde des étoiles et la mythologie. Vous y trouverez à la fois la signification des constellations et leur mythologie ou leur emplacement. En outre, vous pourrez jouer aux meilleurs jeux de constellations en ligne. Découvrez l'histoire des constellations et leur beauté!
La Constellation du Lion ❯
Ajouter un commentaire de La constellation des Poissons
Commentaire envoyé avec succès! Nous l'examinerons dans les prochaines heures.