La constellation de la Lyre (Lyra - Lyr)


Une constellation presque à l'envers

La Lyre est une constellation qui nous accompagne dans les chaudes nuits d'√©t√©, reconnaissable √† ce phare nocturne qu'est la brillante V√©ga. Dans certains cas, il atteint presque le z√©nith, de sorte que le torticolis est assur√©, √† moins de s'allonger sur le sol, peut-√™tre sur la plage, pour admirer le ciel, domin√© (l√† o√Ļ il n'y a pas trop de lumi√®res) par la Voie lact√©e. V√©ga est tr√®s brillante (de magnitude 0) et est l'une des √©toiles les plus proches du Soleil (√† peine 26 ann√©es-lumi√®re, juste au coin de la rue si l'on pense √† l'escalier cosmique), ce qui a donn√© naissance √† des r√©cits d'extraterrestres in√©vitables et √† des histoires de science-fiction parmi lesquelles je me souviens toujours avec plaisir du livre d'abord, devenu film ensuite, de l'inoubliable Carl Sagan, "Contact".


À ceux qui se sont demandé pourquoi ce titre est si étrange, je réponds que nous le découvrirons ensemble : le ciel est plein de merveilles mais aussi de paradoxes apparents qui ne peuvent être découverts qu'en faisant certaines études ou en considérant des facteurs et des situations habituellement négligés.

Le nom, l'histoire et le mythe de la Lyre


La Lira en question fait référence à l'instrument de musique, le premier du genre construit par le jeune homme Hermès (Mercure) sur le mont Cyrène, qui tend des boyaux de vache sur une carapace de tortue à travers des cornes de bélier. Son son était si doux qu'il pouvait calmer n'importe qui, y compris Apollon, à qui Hermès avait volé le bétail, et dont la colère s'éteignait précisément en recevant l'instrument en retour.


Selon le mythe, ses cordes étaient au nombre de sept, comme le nombre des Pléiades.

C'√©tait l'instrument - donn√© par Apollon (Herm√®s avait pris les nerfs des bŇďufs sacr√©s d'Apollon pour le construire, alors pour lui faire pardonner il leur a donn√©) - √† son fils Orph√©e, n√© de son union avec sa muse Calliope, avec qui il accompagnait son splendide chant, capable de faire bouger m√™me les pierres. Apollon a donn√© l'instrument √† Orph√©e, apr√®s avoir invent√© le Cetra.

Orphée est alors descendu aux Enfers pour retrouver sa fiancée, la nymphe Eurydice, tuée par la morsure d'une vipère. Hadès (Pluton pour les Latins), chef des enfers, et Perséphone, sa femme, émue par la musique d'Orphée et sa lyre, lui rendirent sa bien-aimée, mais le mirent en garde de ne pas se retourner et de ne pas la regarder avant d'être sortis des Enfers. Mais au tout dernier moment, Orphée ne put résister, se tourna vers Eurydice, et la perdit à jamais.

Les Arabes ont vu un aigle, les ailes fermées, piquer du nez. Ce n'est pas un hasard si la signification du nom de son étoile alpha, Véga, signifie "aigle ravisseur", mais aussi "vautour ravisseur", apparemment en référence à une légende indienne.

Une autre l√©gende, datant de plus de 2000 ans, de tradition japonaise et chinoise, voit Altair, √† L'Aquila, comme un berger et Vega comme un tisserand. Les deux hommes tomb√®rent amoureux, n√©gligeant leurs devoirs c√©lestes. Elle, Orihime √©tait la fille de l'empereur du ciel et le chef de tous les dieux, Tentei, lui, Hikoboshi, √©tait berger. Bien que leur mariage ait √©t√© arrang√© par Tentei, et que les deux se soient vus pour la premi√®re fois le jour de leur mariage, ils furent saisis d'une telle ardeur et passion qu'ils se d√©sint√©ress√®rent de leurs t√Ęches respectives, Orihime cessa de produire les pr√©cieux tissus pour les v√™tements divins, Hikoboshi n'emmena pas les bŇďufs au p√Ęturage comme il le faisait habituellement, sur les rives du fleuve c√©leste, il abandonna compl√®tement le b√©tail √† lui-m√™me. Et pour cette m√™me raison, ils ont √©t√© punis, ils ont √©t√© envoy√©s des deux c√īt√©s oppos√©s de la Voie lact√©e, de sorte qu'ils ne pouvaient jamais se rencontrer, sauf la septi√®me nuit de la septi√®me lune, lorsqu'un pont d'oiseaux traverse la Voie lact√©e, consid√©r√©e comme la rivi√®re Ama no Gawa, permettant aux deux amoureux de vivre ensemble pendant un bref instant.


Démarrons les moteurs


Puisque je parle de V√©ga, prenons de l'avance sur le temps, r√©chauffons les moteurs de notre vaisseau spatial Celestia et apprenons √† mieux la conna√ģtre. Et voici la premi√®re d√©ception partielle : si nous nous fixons √† 1 UA (qui, je me souviens, est la distance de la Terre par rapport au Soleil), V√©ga nous appara√ģt tr√®s brillante, bleue, mais d√©finitivement petite par rapport aux monstres que nous avons rencontr√©s dans les √©pisodes r√©cents. Lisons ensemble : cette √©toile a un rayon de seulement 2,7 fois notre Soleil et donc le fait qu'elle semble si brillante est d√Ľ √† sa proximit√© relative avec la Terre.

Nous savons d√©j√†, cependant, qu'une distance aussi faible permet √† notre Soleil d'√™tre visible par les astronomes de Vegas : en effet, nous voyons que notre √©toile brille 4,2 et se trouve dans le ciel dans une zone pleine d'√©toiles dans notre ciel austral (sur tous les Canopus, -0.45, la plus brillante dans ces r√©gions) avec une intrusion de la c√©l√®bre √©toile Sirius (un peu plus faible, de 1,5), gr√Ęce au fait qu'elle est elle aussi tr√®s proche √† la fois du Soleil et de V√©ga (un peu plus de 33 ann√©es-lumi√®re) et donc, en pensant toujours au ciel en trois dimensions, il est facile de la trouver dans d'autres positions du ciel local.

Retour au titre


Comme pr√©vu au d√©but de l'article, cette petite constellation nous r√©serve √©galement quelques surprises : revenons au concept de base de "constellation". Par ce terme, nous entendons √©videmment un regroupement d'√©toiles bas√© sur la tradition de si√®cles d'observateurs qui devaient distinguer d'une mani√®re ou d'une autre une √©toile des autres. Tout cela a toujours √©t√© bas√© sur la luminosit√© des √©toiles : √† de tr√®s rares exceptions pr√®s, l'√©toile la plus brillante d'une constellation est appel√©e őĪ, la seconde ő≤ et ainsi de suite jusqu'√† ŌČ, la vingt-quatri√®me. Puis nous sommes pass√©s aux chiffres (le fameux 119 Tau en est un exemple), aux acronymes, etc. Mais le concept de base est la luminosit√©, le seul param√®tre qui permettait de distinguer une √©toile d'une autre, √† part la couleur.


Au fur et √† mesure des progr√®s scientifiques et technologiques, des param√®tres d'√©valuation et de classification des √©toiles jusqu'alors inimaginables apparaissent : parmi ceux-ci, nous avons par exemple la temp√©rature de surface, la classe spectrale, la taille. C'est sur ces derni√®res donn√©es que se fonde mon raisonnement, comme cela a √©t√© √©videmment clair d√®s les premiers √©pisodes : je n'ai certainement pas l'intention de cr√©er une r√©volution dans la fa√ßon dont nous consid√©rons les constellations, mais je veux juste souligner un aspect qui n'a jamais √©t√© suffisamment pris en compte. Les √©toiles ont une dimension qui leur est propre et qui est certainement aussi amusante qu'instructive √† √©voquer et peut-√™tre √† regarder d'un autre Ňďil les √©toiles, l√†-haut dans le ciel.

Dans la constellation de la Lyre, si l'on se base sur la taille des √©toiles, on remarque quelques curieuses particularit√©s : V√©ga est merveilleuse, chaque fois que je l'observe avec les autres √©toiles, je suis √©merveill√© par tant de beaut√© de la nature. Mais si nous analysons la douzaine d'√©toiles de la Lyre du point de vue de la taille, nous d√©couvrons que le Lyr de őĪ est m√™me le plus petit, avec cette valeur de 2,7 rayons solaires que nous avons vu pr√©c√©demment. L'√©toile Sheliak, ő≤ Lyr fait 31 fois la taille du Soleil, Sulaphat 15 fois, őī2 Lyr fait m√™me 250 fois la taille de notre Soleil.

Mais au lieu d'autres chiffres, regardons ce diagramme de comparaison entre les tailles des √©toiles : c'est toujours le m√™me que je modifie √† chaque fois, en laissant toujours peu de ce que nous avons vu auparavant. Vous vous souvenez du Cygne avec ses 11 monstres ? Je ne pouvais certainement pas les emmener avec moi √† chaque fois et m√™me maintenant, juste pour montrer √† quel point les √©toiles de la Lyre sont grandes, j'ai d√Ľ faire un peu de m√©nage ! Analysons le diagramme : trouvez-vous V√©ga sur la gauche ? Bien ! En continuant vers la droite j'ai mis les autres √©toiles, en sautant őī2 que j'ai d√Ľ remonter car trop grand, en passant par őł Lyr (59x), őĽ Lyr (88x) et en me repliant vers le haut avec la variable R Lyr (170x). On dirait vraiment que la constellation est √† l'envers ! Ici, l'√©toile őł, qui est la huiti√®me dans le classement de la luminosit√©, est presque deux fois plus grande qu'Aldebaran, ainsi que őĽ. Lyr (vous faites le compte dans l'ordre de la constellation) est beaucoup plus grande que Rigel, la belle √©toile du bel Orion. Je trouve que tout cela est tr√®s mais tr√®s fascinant et inattendu : en √©crivant ces articles, je d√©couvre des choses que je n'avais m√™me pas imagin√©es.

Une plongée dans l'art


Une comparaison un peu plus terrestre me vient √† l'esprit : combien d'entre vous, dont je fais partie, qui ne sont pas des experts en art, pourraient dire avec certitude quelle est la taille du tableau de la Joconde ? Et la Dame √† l'hermine ? Guernica ? Le hurlement de Munch ? J'ai cit√© absolument au hasard quatre chefs-d'Ňďuvre, que nous voyons peut-√™tre comme des reproductions tout de m√™me, mont√©s, dans une galerie d'images sur notre PC. De Guernica, je sais qu'il est grand, mais je me souviens encore de l'√©tonnement quand j'ai entendu que la toile de la Joconde mesurait 77x53cm ou mieux 53√ó77 car nous sommes habitu√©s √† la taille de nos moniteurs ou des images sur PC (horizontal x vertical) : la dimension horizontale est de 20 pouces, plus petite que la diagonale de mon moniteur 22‚Ä≥... On la voit sur une photo et on imagine autre chose... Le Cri de Munch est un peu plus grand (73√ó91), la Dame √† l'hermine est plus petite que la Joconde (40√ó55) : et dire qu'√† Rome, pendant longtemps, elle est apparue sur des affiches murales et dans les transports publics et (si on ne la conna√ģt pas pour l'avoir vue de ses propres yeux) il n'a pas √©t√© possible d'√©valuer ses dimensions exactes. Guernica ? Une huile sur toile 782√ó350 cm, immense. Alors voil√† le point : en √©tudiant les peintures sur les livres, en les voyant dans les reproductions, on ne peut probablement pas rendre compte des dimensions. Et ici, bien s√Ľr, je ne discute pas de la beaut√© des chefs-d'Ňďuvre de l'art, mais de leur taille physique.

Pour en revenir aux √©toiles, ce serait peut-√™tre le cas de cr√©er le "Comit√© pour la r√©√©valuation des √©toiles oubli√©es ou peut-√™tre jamais connues", ainsi que la "Commission pour la d√©valuation des seules √©toiles brillantes" : je plaisante √©videmment parce que la base de mes divagations est la dimension physique. Tout le reste se ferait en remettant en question la luminosit√© intrins√®que des √©toiles individuelles, un autre param√®tre qui, gr√Ęce √† l'"apparent", remet les √©toiles en ligne, faisant ressortir certaines d'entre elles et en faisant couler d'autres. Comme je l'ai dit d√®s le premier √©pisode, j'ai d√Ľ faire des choix en parlant des constellations et l'un d'eux √©tait de consid√©rer d'abord la dimension, en n√©gligeant compl√®tement l'apparent, la classe spectrale (si ce n'est pour la couleur des √©toiles dans les diagrammes) et bien d'autres caract√©ristiques qui auraient conduit √† l'√©criture d'un livre pour chaque constellation.

Les noms des étoiles

Voici la signification des étoiles dans la constellation de la Lyre.

  • Vega (őĪ Lyr) : de l'arabe, l'aigle qui attaque
  • Sheliak (ő≤ Lyr) : de l'arabe, la harpe
  • Sulafat (ő≥ Lyr) : de l'arabe, la tortue
  • Aladfar (ő∑ Lyr) : de l'arabe, les griffes de l'aigle
  • Al Athfar (őľ Lyr) : de l'arabe, les griffes de l'aigle

Le nom de l'étoile Sulaphat vient du fait que dans l'Antiquité la caisse de résonance d'une lyre était faite avec une carapace de tortue, alors que sur les griffes on peut dire qu'elles sont un peu trop hautes par exemple par rapport à la représentation de l'Uranometria : peut-être que tout irait bien si l'aigle et la lyre étaient tirés à l'envers...

Le célèbre M57

On ne peut pas parler de la constellation de la Lyre sans évoquer la très célèbre nébuleuse annulaire, la fameuse M57, ici photographiée par le télescope spatial Hubble. Il est situé plus ou moins à mi-chemin entre Sheliak et Sulafat et nécessite un télescope à ouverture importante pour pouvoir le photographier : avec des ouvertures d'amateur, on peut déjà voir un disque, mais sans beaucoup de détails, admis pour faire l'observation dans des zones sans lumière autour.

O√Ļ et quand observer ?


La constellation de la Lyre est g√©n√©ralement visible en √©t√© et en automne : √† 21 heures, une heure qui convient, elle est visible dans les mois de mai (o√Ļ elle sera vue basse sur l'horizon au NE) jusqu'aux environs de No√ęl (o√Ļ elle se couchera au NO cette fois). Le pic, avec la Lira dans le Sud, se situe au d√©but du mois de septembre, alors qu'√† cette √©poque et sous nos latitudes, il sera presque exactement au z√©nith, au-dessus de nos t√™tes !



ForConstellationsLovers est un site web créé par des amoureux des constellations, nous avons pour but de partager toutes les informations sur le monde des étoiles et la mythologie. Vous y trouverez à la fois la signification des constellations et leur mythologie ou leur emplacement. En outre, vous pourrez jouer aux meilleurs jeux de constellations en ligne. Découvrez l'histoire des constellations et leur beauté!
La constellation Bouvier (Bootes - Boo) ❯
Ajouter un commentaire de La constellation de la Lyre (Lyra - Lyr)
Commentaire envoyé avec succès! Nous l'examinerons dans les prochaines heures.